21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 09:00

coke1936.jpgVoilà que je fais comme les hypermarchés : je commence à te vendre Noël au mois de novembre. Tu l’as sans doute déjà remarqué avec le précédent billet, dans lequel je t’invite au jeûne et à la prière pendant la première semaine de l’Avent… et bien, tu vas continuer d’en profiter jusqu’à Noël ! Parce que j’ai beau me faire des grands débats avec moi-même, sur ce qu’il est de ma responsabilité d’écrire et de partager avec toi, je n’en finis pas d’être lassé de cette perpétuelle réactionite à l’actualité, aux questions sociales ou aux polémiques pseudo-religieuses. Bien sûr il y a des choses importantes à dire, et il faut qu’elles soient dite ; bien sûr il y a une campagne électorale qui va se faire de plus en plus présente dans l’agenda médiatique ; et bien sûr il y a des débats qui méritent que les chrétiens apportent leur pierre au discernement. Mais il y a un temps pour tout. Et le temps qui s’invite dans nos vies maintenant, c’est celui de l’Avent, celui de la préparation à Noël. Rien d’original, tu me diras, ça se voit bien dans les rayons et devantures des magasins. Oui, mais non. Parce que ce n’est pas ce Noël-là dont j’ai envie de parler avec toi ces prochaines semaines. Ce n’est pas le Noël du « vite, je n’ai pas encore fini mes cadeaux », ou du « on fait l'orgie chez toi ou chez moi ? ». Tu t’en doutes bien. Là tout de suite, je vais faire très court, parce qu’avec le jeûne et la prière, je t’ai déjà filé un peu de boulot.

Dans Matthieu, au chapitre 6 se trouve un enseignement sur l'aumône, suivi de l’enseignement sur la prière et en particulier le Notre Père, suivi par le jeûne. Nous sommes donc en plein dans ce qu’il y a à méditer si tu souhaites te joindre à ma proposition pour la première semaine de l’Avent. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est ce qui vient juste après cet enseignement. Oui, parce qu’après la première semaine de l’Avent, il en reste 3 autres, hein. Nous aurons fait l’exercice du début du chapitre 6 pendant une semaine durant laquelle nous aurons été radieux, faisant ardemment la chasse aux points noirs sur nos visages et avec une douce odeur de parfum qui se dégage de nos têtes, mais après on ne va pas se tourner les pouces non plus. D’ailleurs je m’excuse de prendre un peu d’avance : non seulement j’essaie subtilement de concurrencer le marketing de masse, mais en plus je vais être une semaine sans internet si tu as bien suivi, et il n’était pas question que je t’abandonne comme ça sans rien à manger pour la suite. Bref, histoire d’être synchro avec l’évangile, donc, voilà ce sur quoi je t’invite à méditer pour la suite de l’Avent… lis attentivement, c'est dans la suite du chapitre 6 de Matthieu :

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. La lampe du corps, c'est l'oeil. Donc, si ton oeil est vraiment clair, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton oeil est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y aura-t-il ! Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. C'est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? [...] Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?' ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?' ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?' Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.

Voilà la méditation par excellence à s'imposer pour qui pourra difficilement éviter les rayons de supermarchés ou les pubs à la télé. Par pitié, pour Noël : lâche le coup des cadeaux, des gros repas, de la super déco, etc… lâche le superflu, lâche le commercial, lâche le matériel ! Non seulement nous sommes appelés à vivre avec plus de sobriété, mais si dans ce temps liturgique exceptionnel qu’est la préparation à Noël nous n’investissons pas un peu plus de notre esprit à chercher le royaume et la justice que des idées cadeaux originales, je pense que côté œil clair et corps dans la lumière, on risque d’être un peu à côté de la plaque. Un peu… tu noteras l’euphémisme.

Sur les détails pratiques, nous auront le temps d’y revenir. Ceci n’est qu’une introduction à ce que je souhaite partager avec toi sur l’esprit de fête qui va chercher à nous envahir jusqu’à Noël, et ses différentes variantes. Pour faire simple, on aura l’option gros barbu tout rouge et chargé de jouets à piles, fabriqués, comme le veut la tradition, par des charmants petits lutins. A un détail prêt, cependant, c’est qu’ils ne travaillent plus au Pôle Nord depuis un petit moment, comme on le croit encore trop souvent : avec les délocalisations, le Père Noël n’ayant pas épargné non plus son entreprise florissante, on trouvera cette année les lutins, toujours aussi jeunes et si mignons, plutôt au pays du soleil levant, avec les diling diling des clochettes remplacés par les sirènes de changement de service toutes les douze heures, et des sourires un peu moins radieux que sur les calendriers de l’avent de nos charmants fils d’occidentaux, esclavagisme oblige. « Tout cela, les païens le recherchent ». On aura donc surtout l’autre option, celle de la paille, de la mangeoire pour animaux, du dénuement et de l’accueil des pauvres, des malades et des étrangers, pour une fête qui ne devrait absolument rien avoir à faire avec un quelconque pic de chiffre d’affaire pour nos gentils commerçants.

Rassure-toi donc, pour Noël tu n’as rien à acheter. Si tu cherches un peu le royaume et comment tu peux fêter l'anniversaire de Jésus, relis l’évangile de ce dimanche, jour de la fête du Christ Roi justement. Le roi des rois, tu le trouveras chez les petits, les vulnérables, les délaissés. Tu n’as pas de banquet à organiser pour tous tes amis, mais tu peux inviter, comme nous l’enseigne un autre passage d'évangile, ceux dont tu sais qu’ils ne pourront pas t’inviter en retour. Je sais, pour moi aussi, Noël c’est l’occasion de retrouver la famille et de faire la fête. Faire la fête, nous en reparlerons justement pendant l’Avent. J’ai beaucoup de choses à t’en dire, et je te promets que ce ne sera pas toujours aussi rabat-joie que ce billet. En attendant, puisque vont fleurir ça et là les marchés de Noël, n’oublie pas qu’il te faut seulement chercher le royaume, servir le roi. Le reste – désolé, l’expression était trop belle – te sera justement donné « par-dessus le marché ». Et hop, voilà en prime ma petite contribution du jour à la réflexion socio-économique, sur un jeu de mots à deux piécettes : le règne de Dieu se trouvant dans la sobriété et l’attention aux plus faibles, commençons enfin à nous élever au-dessus du marché. Plus sérieusement, n’est-ce pas là très précisément notre devoir de chercheurs du royaume en marche vers Noël ?

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commentaires

Henry le Barde 21/11/2011


Y'a pas que les hypermarchés. Le Groupe Bayard et la Vie me spamment depuis un mois également ! 

Henry le Barde 21/11/2011


... et, pour finir, j'aime bien ton jeu de mots. (Si si, c'est bien moi. Et sans ironie.)

calbo 03/12/2011


Juste un petit commentaire en passant, car je le fais rarement, pour une petite remarque : tu t'es trompé de pays pour celui du soleil levant. Il s'agirait plutôt du Japon... Et vu que j'avais
l'impression que tu voulais parler de la Chine...

calbo 04/12/2011


J'imagine que tu penses à "Meïd-in-taïwan" :)

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