J’ai toujours eu à cœur, dans mes prises de positions politiques, de
m’interroger sur les fondements théologiques des causes défendues. Même naïvement, je trouve qu’il est important de se poser la question : pourquoi défendre la vie de l’enfant à naître, par
exemple. Moins pour savoir s’il faut le faire ou pas, que pour en connaitre les ressorts spirituels, qui nous permettront d’être habités par des motivations solidement enracinés plutôt que par
des réflexes identitaires et des slogans. Concernant la politique, ayant bien intégré l’idée que le royaume de Dieu n’était pas de ce monde, la question de la vie se pose de toute façon
d’elle-même. Pourquoi défendre la vie humaine ici-bas, puisque sa destinée est autre ? Je ne vais pas réécrire ici la réponse que développe largement Jean-Paul II dans Evangelium Vitae ; je note simplement ce qu’on peut en résumer pour
cette question, à savoir que la vie humaine est sacrée, qu’elle est un don de Dieu primordial qui préfigure la vie nouvelle et éternelle, et fonde la vocation surnaturelle de tout être humain. Ce
qui fait du droit à la vie un droit essentiel, et normalement premier dans les constitutions de communautés humaines comme états de droit.
Quand je regarde notre monde aujourd’hui, je vois de nombreuses choses qui portent atteinte à la vie humaine. Des atteintes graves qu'il faut chercher à comprendre. La gravité de l’avortement, par exemple, n’est pas tant liée au nombre d’êtres humains fragiles et innocents morts avant même de naitre. Qu'un embryon meurt est grave, et c’est pourquoi les fausses-couches sont toujours une souffrance et un deuil ; mais dans l'avortement c’est le fait qu'on provoque volontairement sa mort qui est abominable. Provoquer cette mort ou conduire à la provoquer, nier cette existence ou l’entraver, c'est créer une blessure profonde à la dignité de l'Homme. Rejeter un trésor de dignité aussi pur que sa vulnérabilité et son innocence est extrême, c'est afficher un mépris proportionné au caractère sacré de la vie. C’est une haute trahison contre l’humanité et contre celui qui nous fait don de la vie. « Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né » (Mathieu 26, 24). Ici aussi, pour illustrer, ce n'est pas tant que Jésus soit condamné à la croix qui est terrible, puisque c'est même la condition du rachat de nos péchés... mais malheur à celui qui le livre !
Même remarque à propos de l’euthanasie. Aussi, si je crois important, sur le registre de la justice, de prévenir nos contemporains des risques connus de dérives, notamment d’euthanasies sans consentement, je crois que ce n’est, malheureusement, que du pur palliatif. Bien sûr, pour chaque personne concernée, menacée devrais-je dire, par une euthanasie un peu trop précipitée, il faut empêcher de légaliser une pratique, dangereuse et inéluctablement soumise à l’arbitraire. Mais il ne faut pas non plus s’étonner de ce que la réponse à cela soit toujours : « on va faire bien attention, on va super bien encadrer les choses ». L’euthanasie n’est pas un mal parce que ça risque de déraper. C’est un mal en soi, parce que c’est un droit qui entre en contradiction frontale avec le caractère sacré de la vie humaine. Je dis ça, pour l’euthanasie et l’avortement, mais je suis bien conscient du côté inaudible de mon propos. Je ne serais sans doute pas là à te parler de ça si « le caractère sacré de la vie humaine » n’avait pas été refoulé par la majorité de nos contemporains aujourd’hui.
Je dis bien refoulé. Pas perdu. Comme nous l’enseigne Evangelium Vitae – que je remercie pour cette graine d’Espérance qui a bien failli m’échapper – cet évangile de vie « trouve un écho dans le cœur de chaque personne, croyante et même non croyante, parce que, tout en dépassant infiniment ses attentes, il y correspond de manière surprenante ». Il suffit parfois pour une personne de voir la mort arriver d’un peu près pour que le refoulement se dénoue en partie et qu’un respect nouveau pour la vie humaine vienne habiter la personne. C’est la méthode de l’électrochoc. Comme on ne peut pas compter sur un électrochoc par personne, je crois qu’il est important de regarder attentivement ce qui entretient cette névrose contemporaine ; névrose dans laquelle l’Homme a « tué le Père » dans l’espoir de prendre sa place, et refoulé au passage, avec une énergie, assez considérable le don de la vie qui lui a été fait.
C’est un peu dans cet esprit d’une thérapie analytique que l’Eglise nous parle d’écologie humaine. Et je vais tenter d’expliquer pourquoi. Je reste légèrement sur ma faim quand je vois des chrétiens s’emparer de ce concept d’écologie humaine pour le coller aux causes qu’ils défendaient déjà, tout à fait justes au demeurant, comme le droit à la vie de la conception à la mort naturelle, la famille fondée sur l’union d’un homme et d’une femme, etc… Oui ça colle. Très bien d’ailleurs. Et ce sont en plus des causes essentielles. Mais… comment te dire ça délicatement ? Ce concept est censé élargir un tout petit peu le champ de vision, aussi. Surtout pour les chrétiens. Le concept d’écologie humaine n’est pas une variante de l’écologie politique. Il est tellement plus vaste, tellement plus profond que ça. Il rejoint les fondements anthropologiques de la vie humaine, de sa participation à la vie divine, de son caractère sacré. C’est un concept d’une étendue théologique considérable. Et peut-être en partie parce qu’il est encore trop ignoré, je crois, dans la théologie chrétienne.
J’entendais hier matin à la radio Mgr Stenger interviewé par Patrice de
Plunkett, parler du long travail de la Conférence des Evêques de France sur l’écologie et l’environnement. Je me régale tranquillement des propos de l’évêque, puis une remarque me donne
soudain comme un surcroit d’Espérance et d’enthousiasme, quand il dit que l’Eglise n’a pas encore assez approfondi l’anthropologie biblique. Amen ! Et là je pense à tout ce qui concerne la
révélation sur le Temple, et tout ce qu’il y à creuser sur la corporéité de l’homme, sur le témoignage et le sens de la vie sacramentelle, tout ce qui va encore au-delà de l’extraordinaire
théologie du corps développée par Jean-Paul II. Quand Jésus parle du Temple comme de son corps, c’est pour en faire l’objet même de la résurrection.
Le Temple, la Maison, ce petit mot hébreu, Beth, qui est aussi la deuxième lettre
de l’alphabet hébreu par laquelle toute la révélation commence, et dont je me suis fait un avatar (si, si, l’avatar est super important pour le reste de l’histoire). Ce Beth, la maison,
est au cœur de notre relation à Dieu, et la clef de voute de l'anthropologie biblique : Dieu veut demeurer en nous. Dieu est un voyageur qui n’a nul endroit où reposer sa tête et qui cherche, de
maisons en maisons, l’hospitalité [1]. Ce Beth, c’est de l’ordre de ce qui symbolise la relation d’altérité et de communion sur laquelle se
fonde l’existence humaine. C’est même plus encore, puisque c’est à la fois ce qui abrite et ce qui suggère l’existence d’un « habitant ». L’une des fonctions essentielles du corps, temple de
l'Esprit. Mais à l’échelle de l’humanité, qu’en est-il ? La Création n’est-elle pas la demeure de l’homme, et même du Verbe divin ? Le corps est un temple certes, mais la Création aussi. Je ne
vais pas te faire languir plus longtemps : la maison / le temple symbolise tout simplement ce qui est « signe du Vivant ».
Quel rapport avec l’écologie au fait ? Ah oui… Devine comment on traduit beth ou maison en grec : oîkos, qui nous a donné le préfixe éco. Je te laisse alors mesurer un peu, en te laissant porter par la force de l’étymologie, ce qu’il peut y avoir comme enjeu dans l’éco-logie. Je vais te dire, je me fous de savoir qu’un darwiniste a inventé ce terme pour l’utiliser de manière ultra réductrice et qu’on continue de le considérer par le petit bout de l’intelligence… On a sans doute échappé de peu à ce qu’un promoteur immobilier invente le terme pour théoriser son domaine d’activité. Enfin je dis ça mais quand on voit que c’est finalement BTP qui est resté dans le langage courant (en français, du moins), je ne suis pas convaincu du succès d’une étymologie grecque même encore inusitée. Bref, tout ça pour dire qu’il y a avec l’écologie humaine un trou béant de l’anthropologie biblique à combler, j’en suis convaincu. L’étude de ce signe du Vivant. La vie, mon ami. La vie ! On ne parle plus simplement de biologie, ici, ni même de bioéthique. On ne parle pas de science de la vie. On parle d’herméneutique de la vie ! Voilà ce qu’est pour moi l’écologie humaine. L’art de préparer la demeure du Seigneur.
C’est arrivé à ce point de la réflexion qu’on ne peut plus traiter sous le même mode la vie du baptisé et la vie du non baptisé. Etre signe du Vivant, c’est la base de la vocation du baptisé. Pour le dire autrement, tout homme est appelé à s’éveiller au caractère sacré de la vie. Mais le baptême donne en plus vocation à rendre visible pour les autres ce sacré. Je te passe le cheminement théologique, j’ai quelques pages à écrire sur le baptême et la vie sacramentelle, et ce blog ne s’y prête pas. Mais le baptême fait de toi, ou de moi, un temple par vocation, un signe du Vivant. C’est donc en étant signe du Vivant (témoin, on dit aussi, des fois, chez nous autres catholiques) que tu vis conformément à ton baptême.
C’est là, tandis que tu es sur le divan, tranquille à digérer tout ça, que le psy te pose la question. Du genre : « France, qu’as-tu fait de ton baptême ? ». Heureusement que tu as fait tout ce cheminement de réflexion sur le baptême en amont, sinon tu aurais pu entendre que ton pays est pratiquement accusé d’apostasie, et qu’il te faudrait désormais, entre deux rassemblements pro-vie, défiler régulièrement pour l’Eglise et la Nation, afin de redresser tout ça : la France, la Patrie (avec une majuscule s’il te plait), et puis aussi l’Eglise un peu, parce que des cathos-mous-bisounours-tièdes-collabos à tous les degrés de la hiérarchie, ça va bien cinq minutes mais c’est pas avec ça qu’on arrête des arabes à Poitiers. Mais je m’égare.
Qu’est-ce que je disais ? Ah oui, le baptême, qu’est-ce qu’on en a fait ? Eh bien pas grand-chose, justement. Je disais que le caractère sacré de la vie avait été refoulé. Pour un baptisé qui a vocation à en être le signe, c’est plutôt handicapant. Conséquence, la maison semble inhabitée. Alors il faut la remplir. La remplir avec tout ce qu’on veut, tout ce qu’on peut, toujours plus, frénétiquement, parce que le trou noir laissé par l’éviction du Vivant est impossible à combler par autre chose. Mais hystériquement, oui on essaie. Et la maison insatiable, devient une cellule cancéreuse, animée d’un désir de croissance illimitée. Alors du coup, je me dis que cette culture de mort prend le gros de sa source essentiellement dans le fait que l’Eglise a un peu trop bradé le baptême. La vocation sacramentelle reniée par une immense majorité de nos contemporains des sociétés développées, qui l’ont reçu à la naissance pour grandir dans un athéisme de fait, n’a pu que créer cette immense névrose, ce refoulement du sens de la vie, de son caractère sacré. Je crois que c’est dans ce sens que va la nouvelle évangélisation, en ciblant en premier lieu les cultures anciennement chrétiennes. Parce que l’appel du baptême est une force, qu’il faut y mettre de l’énergie pour le refouler, pour renier sa vocation ou même seulement pour ne pas en tenir compte. Et c’est sans doute cet immense refoulement de générations entières d’enfants baptisés pour le folklore, sans aucun éveil à la foi par ailleurs, qui provoque ce vide, cette perversion libidinale que sont les atteintes répétées à la vie humaine dans des sociétés fondées sur les droits de l'homme [2]. La culture de mort est un symptôme. Elle se soigne comme on soigne n’importe quelle névrose. Par le dialogue, l’écoute, et la réminiscence. Il faut souffler sur les braises du baptême, et pour ça l'écologie peut constituer pour tous, croyants et non croyants, un retour au fondement de ce qu'est la vie.
Je crois que Benoit XVI a déjà mis un doigt dans cette logique quand il m’a permis de réaliser, personnellement, lors de son voyage en Allemagne, que dans ce monde sécularisé il y avait peut-être chez les écologistes l’un des derniers enracinements philosophiques dans l'idée de « nature », et ainsi le terreau possible d’une éclosion, d’un renouvellement moral, d’un rappel de l’absolu.
Alors voilà, défendre la vie est juste. Mais nous serons toujours assiégés dans ce combat si nous ne donnons pas à connaitre ce qu’est vraiment la vie. Pour nous il faut apprendre à nouveau de la Didachè et de son « chemin de vie » comme le faisaient les premiers chrétiens. Ne plus être sur le défensive mais être habité du Vivant. Le témoignage de la vie doit sortir de l’inconscient, et émerger dans la conscience de nos contemporains. Cela veut dire qu’il faut éliminer tout ce sous quoi elle est enfouie à l'heure actuelle. Changer de style de vie, pour reprendre Benoit XVI, est un chemin qui a l'avantage d’être audible aujourd’hui. Valoriser ce qui fait la vie : la gratuité, la pérennité, la fécondité, l’invitation à la contemplation… Guérir de ce qui s’y oppose systématiquement : Le matérialisme mercantile, obsolescent, utilitariste et consumériste qui est autant d’énergie employée au refoulement de cette pulsion du sacré. Nombre de nos contemporains, me semble-t-il, témoignent assez bien de leur sensibilité à la crise écologique, au besoin de changement de nos modes de vie et donc de leur ouverture à ce cheminement thérapeutique. Ne passons pas à côté. Alors la vie reprendra du sacré.
Certes, il faut modifier nos comportements quotidiens et ce ne sera pas facile, mais ce qui est en jeu, c’est une véritable métamorphose de notre conception de « la vie bonne ». Qu’est-ce qui nous permet de vivre mieux, autant au niveau individuel que collectif ? C’est le fondement même de la vie qui est concerné par cette crise et non seulement ses conditions matérielles. Car à travers notre manière de consommer, de produire, de nous déplacer, d’habiter l’espace, nous construisons un certain projet de vie et de société. La crise écologique nous donne l’occasion de revisiter ces fondements. Et c’est à ce niveau du débat que notre expérience de foi peut intervenir.
Enjeux et défis écologiques pour l'avenir, Groupe écologie et environnement de la Conférence des Evêques de France, 2012.
[1] Le Temple de Jérusalem, Beth haMikdash est littéralement la maison du Saint. C’est à Beth-lehem (la maison du pain) que Jésus, le pain de vie descendu du ciel, est né. C’est dans une beth-knesset (maison de l’assemblée, synagogue) que l’on se réunissait autour de la parole de Dieu. C’est à Beth-saïd (la maison des brebis) que sont nés Pierre, Jacques et Jean, entre autre, et là que Jésus vient donc chercher ses premiers disciples. Mais surtout c’est la Maison qui est l’ancêtre de nos églises et où se réunissaient les premiers chrétiens pour célébrer l’eucharistie. On peut dire encore que la résurrection est signifiée par le passage du temple de David au temple nouveau d’Ezechiel, mais ce serait définitivement hors sujet dans ce billet.
[2] Je suis à deux doigts de penser qu’il faudrait commencer par arrêter pour un temps le baptême des nouveau-nés dans nos sociétés post-chrétiennes, et rendre l’accès à ce sacrement plus exigeant en matière de vie de foi. On ne peut plus continuer de se référer au baptême de la famille du centurion Corneille pour justifier nos baptêmes à la chaine. Dans un contexte où le baptême est un véritable sacrifice, cause de persécution voire une menace pour la vie de ceux qui embrassent la foi chrétienne, alors cela peut avoir du sens - je suis désolé de le dire aussi brutalement. Mais pas du tout si ce n'est plus qu'un folklore. Que devient l'engagement, le témoignage de foi ? Bon, mais je vais me faire lapider si je propose des trucs pareils. L’idée ce serait de commencer par faire dégonfler un peu ce nœud névrotique. Il se pourrait que ce soit le passage incontournable pour inciter à nouveau à la liberté et à la responsabilité, devant le don sacré de la vie. Je ne dis pas qu’il faille réserver le baptême à une élite, ni constituer une classe de purs, non. Je dis que le baptême fait entrer dans une vocation, et que la personne qui le reçoit a tout à perdre à en être inquiétée et à refouler cette vocation. On ne jette pas dans la mer un phobique de l'eau, sans quoi il ne remonte pas et se noie. L'Eglise n’en attend pas moins pour la reconnaissance des dons surnaturels. On discerne par la mise à l’épreuve. Entrer dans la vie de baptisé, ce n’est pas pour se gagner le paradis, comme pense ma voisine qui fera baptiser ses enfants par tous les moyens possibles ; et hors de question de leur imposer l'éveil à la foi. Il faut qu’ils choisissent tout seul quand ils seront grands, mais qu’ils aillent au bon endroit en attendant s’il leur arrivait malheur. Mon Dieu !

Nous entendrons, dans le texte qui suit, par libéralisme ce fond commun aux conceptions politiques et sociales modernes, d'où sont issus les partis de droite comme de
gauche. Nous n'avons donc pas pour objectif de donner des éléments de discernement pour les prochaines élections. Nous cherchons ici à rendre manifestes les erreurs cachées de ce libéralisme. Ses
conceptions philosophiques de la connaissance, de la nature, de l'homme, de la politique sont emprunts d'un néo-paganisme dont il est l'heure de se détacher. C'est du moins ainsi que nous
comprenons l'appel de Benoît XVI à quitter la civilisation de l'avoir pour entrer dans celle de l'être. Nous sommes appelés à un travail de refondation dans notre vie personnelle, sociale et
politique, notamment en dégageant et promouvant les vertus propres à cette nouvelle civilisation, comme celles de l'amitié ou de la sobriété. Dans cette tâche immense et
enthousiasmante, notre Eglise nous invite à nous laisser enseigner aussi , sans crainte, par d'autres cultures. Il s 'agit donc bien d'un appel à refonder, ou plus précisément, christianiser
intégralement les fondations pour un nouvel art, à l'échelle mondiale, du vivre ensemble. Ensuite il sera encore temps de discuter de ce que les penseurs de notre modernité, Hayek
comme Proudhon, peuvent apporter de leurs génies propres.
Le texte ci-dessous n’est pas à lire comme une « culpabilisation de l’homme blanc », mais comme une méditation et un examen de conscience que nous pouvons faire à partir
de l’analogie du mariage et de la vie de famille. La tentation de la puissance et de la violence qui va avec sont présentes en chacun de nous mais aussi dans nos sociétés. A quoi sert d’envisager
des changements de structure ou des réformes politiques si elles ne sont pas accompagnées de libres changements dans nos comportements individuels et collectifs ?
Ce n'est pas tant la défense du Made in France qui doit devenir le principe d'une nouvelle politique économique pour notre pays, que le souci de favoriser
systématiquement les circuits économiques les plus courts possibles. Une stratégie économique de cette nature n'est pas une lubie identitaire, elle ne doit pas être l'expression d'un repli sur
soi malvenu à une époque où l'impératif de solidarité doit servir d'armature à un nouveau pacte social universel [cf. Caritas in Veritate, §42]. Favoriser les circuits courts trouve d'abord sa
place dans une analyse économique rationnelle et dans l’application d’un principe : la subsidiarité.


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